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7 signes que votre architecture cloud brûle votre budget (et comment corriger le tir rapidement)

Belkacem
11 min de lecture
7 signes que votre architecture cloud brûle votre budget (et comment corriger le tir rapidement)

Repérez 7 signaux d’alarme qui font exploser vos coûts cloud et découvrez des correctifs rapides, des bonnes pratiques FinOps et une feuille de route de 30 jours pour reprendre le contrôle sans sacrifier la performance.

7 signes que votre architecture cloud brûle votre budget (et comment corriger le tir rapidement)

Introduction

Le cloud, c’est génial… jusqu’au jour où votre facture ressemble à un ticket de caisse après une virée shopping sans liste. Si vous sentez que votre architecture “chauffe”, c’est rarement la faute d’un seul service. Souvent, c’est un cumul de petits gaspillages, d’hypothèses jamais revues et d’automatismes mal réglés.

La bonne nouvelle ? Vous pouvez reprendre le contrôle vite et bien — sans tout remettre à plat. Dans cet article, on passe en revue 7 signes que votre cloud brûle votre budget et, pour chacun, des correctifs rapides plus une approche durable. On termine avec une feuille de route de 30 jours, des outils recommandés et des indicateurs FinOps concrets.

Plan de l’article

  • Pourquoi les coûts explosent en cloud
  • Signe 1: Instances surdimensionnées
  • Signe 2: Ressources inactives (zombies)
  • Signe 3: Autoscaling mal configuré
  • Signe 4: Stockage mal tierisé et snapshots qui s’accumulent
  • Signe 5: Egress et transferts de données
  • Signe 6: Observabilité et logs hors de contrôle
  • Signe 7: Kubernetes qui chauffe la carte bleue
  • Feuille de route de remédiation en 30 jours
  • Outils recommandés (natif cloud et tiers)
  • Erreurs à éviter
  • Indicateurs FinOps à suivre
  • Modèle de responsabilité
  • Conclusion + FAQ

Pourquoi les coûts explosent en cloud (même quand “tout va bien”)

On ne “voit” pas le gaspillage en cloud. Pas de serveurs poussiéreux dans un coin, pas de câbles qui traînent. Résultat: on oublie facilement un cluster de staging qui tourne 24/7, on garde des volumes “au cas où”, on loggue absolument tout “temporairement”, et on laisse l’autoscaling prendre des décisions coûteuses.

Deux autres facteurs aggravants:

  • Le biais du “plus tard”: “On optimisera après le lancement.” Spoiler: ce “après” n’arrive jamais.
  • Le coût distribué: petits services, petites instances, petites bases… mais à l’échelle, la note grimpe en flèche.

Et maintenant, passons aux 7 signes qui tuent votre budget, et surtout comment corriger le tir rapidement.


Signe 1 : Vos instances sont surdimensionnées (CPU à 15 %, facture à 100 %)

Comment ça se manifeste

  • CPU à un chiffre la plupart du temps.
  • RAM consommée à 20–30 % maximum.
  • Instances de la même taille partout “pour simplifier” (et ça coûte très cher).
  • Environnements non prod sur la même taille que la prod.

Pourquoi ça brûle le budget

Vous payez pour du “vide” permanent. Et multiplier des petites marges de confort sur 50–200 instances devient une fuite invisible mais massive.

Correctifs rapides (1–2 semaines)

  • Right-sizing: passez une partie des instances à la taille inférieure (commencez par 10–20 % du parc).
  • Horaires: arrêtez systématiquement les environnements dev/staging la nuit et le week-end.
  • Instances réservées ou Savings Plans (si engagement possible) pour la prod stable.

Checklist d’action

  • Identifiez le top 10 des instances sous-utilisées.
  • Baissez d’un cran et surveillez 48–72 h.
  • Mettez en place des schedules d’arrêt pour non-prod.
  • Activez un tag “owner” + “env” pour responsabiliser.

Signe 2 : Des ressources inactives traînent partout (zombies clouds)

Comment ça se manifeste

  • Volumes orphelins, snapshots historiques, IP statiques non utilisées.
  • Fonctions serverless déployées mais jamais déclenchées.
  • Buckets de tests oubliés avec du stockage standard.

Pourquoi ça brûle le budget

Chaque petit zombie coûte quelques euros par mois. Multipliez par des centaines et par des mois, et vous avez une facture “inexplicable”.

Correctifs rapides (immédiats)

  • Audit “zombies”: listez ce qui est inactif depuis 30–60 jours.
  • Supprimez, archivez, ou basculez vers des classes de stockage froid.
  • Mettez des TTL sur les environnements temporaires et les volumes éphémères.

Checklist d’action

  • Tagging obligatoire à la création (owner, projet, date d’expiration).
  • Règles de cycle de vie pour buckets et snapshots.
  • Rapport mensuel “zombies” envoyé aux équipes.

Signe 3 : L’autoscaling vous coûte plus qu’il ne vous sauve

Symptômes classiques

  • Des pics d’instances qui montent… mais ne redescendent jamais vraiment.
  • Des politiques d’autoscaling basées uniquement sur le CPU (et pas la latence, la file d’attente, etc.).
  • Des “scale-out” agressifs qui doublent la facture en quelques minutes.

Pourquoi ça brûle le budget

Un mauvais autoscaling surprovisionne. Et le retour à la normale (scale-in) est trop lent ou bloqué par des sessions collantes, des drains lents, une sonde de readiness mal réglée.

Correctifs rapides (1–2 semaines)

  • Ajustez les cooldowns et fixez une fenêtre de scale-in plus rapide hors pic.
  • Basez les triggers sur des métriques business/latence (pas que le CPU).
  • Imposez des min/max par environnement pour éviter les envolées.

Bonnes pratiques

  • Utilisez des courbes horaires en complément de l’autoscaling réactif.
  • Testez en canari: modifiez les règles pour 10 % des groupes d’auto scaling avant de généraliser.
  • Vérifiez les causes de scale-in bloqué (grâce à des logs d’événements d’ASG/HPA).

Signe 4 : Le stockage vous ruine (tiers mal choisis, snapshots à foison)

Symptômes

  • Buckets en classe “standard” pour des données à faible accès.
  • Snapshots quotidiens conservés indéfiniment.
  • Bases de données managées dimensionnées pour le pire scénario.

Pourquoi ça brûle le budget

Le stockage paraît bon marché… jusqu’à ce que les pétaoctets s’accumulent. Le mauvais tiering et la rétention sans politique coûtent très cher, sans apporter de valeur.

Correctifs rapides

  • Politique de cycle de vie: transition automatique vers glacier/archivage après X jours.
  • Suppression des snapshots obsolètes, rétention roulante (7–14–30 jours).
  • Redimensionnez les IOPS/throughput provisionnés en mesurant les vraies pointes.

Checklist stockage

  • Classez les données par fréquence d’accès (chaud/tiède/froid/archivé).
  • Fixez des SLA de restauration réalistes (RTO/RPO) pour justifier la classe de stockage.
  • Automatisez la purge des sauvegardes de sandbox/dev.

Signe 5 : Les coûts d’egress et de transferts régionaux montent en flèche

Scénarios fréquents

  • Services cross-régions qui discutent en permanence.
  • Microservices bavards envoyant des payloads lourds entre VPC.
  • CDN mal configuré, cache bas, ou images non optimisées.
  • Export de logs/metrics vers des régions différentes.

Pourquoi ça brûle le budget

L’egress est la “taxe” souvent oubliée. Déplacer des données en dehors d’une région ou du cloud coûte cher, et parfois plus que la compute.

Correctifs rapides

  • Colocalisez les services qui échangent beaucoup.
  • Montez le cache TTL du CDN, compressez/optimisez les assets.
  • Regroupez les endpoints analytiques vers une même région.
  • Évitez les allers-retours inter-VPC non nécessaires.

Astuces pratiques

  • Mesurez l’egress par service/bucket (étiquetage fin).
  • Utilisez des formats efficaces (Parquet/ORC pour analytique).
  • Déplacez des jobs batch lourds la nuit à l’intérieur de la même zone.

Signe 6 : L’observabilité (logs, traces, métriques) vous coûte plus que la prod

Symptômes

  • On log tout en “DEBUG” “le temps d’une release” (et ça dure).
  • Rétention par défaut (30–90 jours) sans besoin réel.
  • Duplications: logs dans 2–3 plateformes “par sécurité”.

Pourquoi ça brûle le budget

Les pipelines d’observabilité facturent à l’ingestion, au stockage et parfois à la requête. À gros volume, c’est une deuxième facture de production.

Correctifs rapides

  • Désactivez le DEBUG en prod; passez à INFO/WARN.
  • Réduisez la rétention: 7–14 jours pour les logs applicatifs suffisent souvent.
  • Échantillonnage des traces (tail-based sampling).
  • Groupez les métriques haute fréquence uniquement pour les services critiques.

Rétention conseillée (point de départ)

  • Logs applicatifs: 7–14 jours (prod), 1–3 jours (non-prod).
  • Traces: 3–7 jours, avec sampling.
  • Métriques: haute fréquence 7 jours, agrégées 30–90 jours.

Signe 7 : Kubernetes qui chauffe la carte bleue

Symptômes

  • Des nodes surdimensionnés et des pods qui consomment peu.
  • Requests/limits copiés-collés “larges” pour éviter les OOM.
  • Trop de nodes “empreintes” différentes rendant le scheduling inefficace.
  • N+1 clusters inactifs pour des équipes différentes.

Pourquoi ça brûle le budget

K8s ne fabrique pas de CPU. Il alloue ce que vous demandez. Si vos requests sont 2x trop hautes, vous payez pour du vide. Les nodes restent partiellement remplis et multiplient les coûts.

Correctifs rapides

  • Baissez progressivement requests/limits des pods non critiques (par paliers de 10–20 %).
  • Utilisez des tailles de nodes standardisées (2–3 profils max) pour densifier.
  • Activez le cluster autoscaler et vérifiez le scale-in.
  • Éliminez les clusters non utilisés, mutualisez quand c’est possible.

Paramètres clés à surveiller

  • Taux de bin-packing (CPU/RAM utilisés vs alloués).
  • Utilisation node vs requests cumulés.
  • Coût par namespace/équipe via des labels et Kubecost/équivalent.

Feuille de route de remédiation en 30 jours

Jours 1–7 : Audit ciblé et visibilité

  • Activez ou consolidez le tagging: owner, env, cost-center, application.
  • Exportez le top 20 des coûts par service/équipe.
  • Identifiez les “zombies” et les ressources surdimensionnées (top 10% par écart usage vs taille).
  • Cartographiez les transferts réseau inter-régions/egress.

Jours 8–15 : Quick wins (économies immédiates)

  • Arrêtez les environnements non prod la nuit et week-end.
  • Baissez la taille des 10–20 % d’instances les plus sous-utilisées.
  • Appliquez des politiques de cycle de vie sur les buckets et snapshots.
  • Réduisez de moitié la rétention des logs non critiques.
  • Montez le cache CDN et compressez les assets lourds.
  • Fixez des min/max d’autoscaling et vérifiez les cooldowns.

Jours 16–30 : Gouvernance durable

  • Mettez en place une revue FinOps mensuelle avec des budgets par équipe.
  • Automatisez la détection/suppression des zombies (règles, TTL).
  • Adoptez Savings Plans/Reserved Instances pour les charges stables.
  • Standardisez les tailles K8s et installez un cost monitoring (Kubecost/équivalent).
  • Définissez des SLO coûts (coût par requête, par user, par commande).

Outils recommandés (multi-cloud)

Natif cloud

  • AWS: Cost Explorer, AWS Budgets, Compute Optimizer, S3 Storage Lens.
  • Azure: Cost Management + Advisor, Azure Monitor, Storage lifecycle policies.
  • GCP: Cloud Billing reports, Recommender, Storage Insights.

Tiers

  • Kubecost (Kubernetes cost visibility et optimisation).
  • CloudHealth / Cloudability / Finout (vision multi-cloud, showback/chargeback).
  • Datadog / New Relic / Grafana LGTM pour observabilité avec contrôle des coûts.

Comment choisir intelligemment

  • Commencez par l’outillage natif: rapide et suffisant pour 60–70 % des cas.
  • Passez aux tiers si vous avez multi-cloud, K8s avancé ou besoin de showback/chargeback.
  • Évaluez le coût de l’outil vs économies attendues (objectif: ROI < 3 mois).

Erreurs à éviter (même si c’est tentant)

  • Réserver massivement sans données: engageants et difficilement réversibles.
  • Couper des services sans parler aux équipes: génère du “shadow IT”.
  • Optimiser au centime près là où l’impact est minime: concentrez-vous sur le top 20 % des postes de coûts.
  • Mettre l’autoscaling partout sans garde-fous: plus n’est pas toujours mieux.
  • Laisser “temporaire” dans les logs/debug en prod: c’est le temporaire le plus durable qui soit.

Indicateurs FinOps à suivre (et à partager en revue mensuelle)

  • Coût par unité métier: coût par commande, par session, par requête API.
  • Taux de sous-utilisation compute: CPU/RAM usage vs alloué.
  • Egress par service/équipe et ratio “cache hit” CDN.
  • Coût d’observabilité en % de la facture prod (cible: 5–15 %, selon contexte).
  • Taux de ressources non taguées (cible: < 5 %).
  • Économies réalisées vs objectif (mensuel et trimestriel).

Modèle de responsabilité (qui fait quoi, clairement)

  • Produit/Engineering: fixe les SLO de performance et accepte les compromis coût/perf.
  • Plateforme/Infra: propose les tailles, met en place l’automatisation, surveille et alerte.
  • FinOps: orchestre la revue, suit les KPIs, construit les prévisions et conseille sur les engagements.
  • Sécurité/Conformité: valide les politiques de rétention et chiffrement des données.
  • Direction: fixe les objectifs d’optimisation (ex: -20 % en 90 jours) et arbitre.

Conclusion

Le cloud ne doit pas être une énigme budgétaire. En pratique, 7 signaux expliquent l’essentiel des dérapages: instances surdimensionnées, ressources zombies, autoscaling trop agressif, stockage mal tierisé, egress oubliés, observabilité incontrôlée et Kubernetes surprovisionné. La bonne stratégie? Aller vite sur les quick wins, mesurer, responsabiliser, puis consolider avec des engagements et de la gouvernance.

Posez-vous cette question simple: si vous réduisez de 15–25 % votre facture en 30 jours, sans impacter l’expérience utilisateur, ça vaut le coup d’essayer cette feuille de route, non? Commencez petit, mais commencez aujourd’hui.


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FAQ

1) Comment savoir par où commencer si tout semble prioritaire ?

Concentrez-vous sur le top 20 % des postes de coûts. Exportez la répartition par service/équipe et traitez les trois plus gros. Les gains y sont immédiats et mesurables.

2) Les Savings Plans/RIs sont-ils toujours une bonne idée ?

Seulement si vous avez une base de charge stable et des prévisions raisonnables. Démarrez petit (ex: 30–40 % de la charge), puis augmentez par paliers tous les mois.

3) Faut-il un outil FinOps dédié dès le début ?

Pas forcément. Les outils natifs couvrent bien l’audit initial. Un outil tiers devient pertinent en multi-cloud, pour K8s avancé, ou si vous mettez en place showback/chargeback.

4) Comment éviter de dégrader la performance en optimisant ?

Travaillez par paliers, surveillez des métriques clés (latence P95, taux d’erreur) et faites des tests canari. Si l’impact perf apparaît, revenez un cran en arrière et ajustez.

5) Quel objectif d’économies est réaliste sur 30 jours ?

Entre 15 et 30 % est fréquent en appliquant les quick wins: extinction des non-prod, right-sizing, tiering de stockage, retentions de logs, et limites d’autoscaling. Le reste viendra avec la gouvernance continue.

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